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14 Juillet : Sarkozy innove en s'exprimant la veille PDF Imprimer Envoyer
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Actualités - France

Le président, qui a rompu avec la traditionnelle interview en direct du palais présidentiel, a accordé un entretien à France 5. L'émission sera diffusée ce soir.

Comment renouer avec la tradition sans faire pareil que ses prédécesseurs ? Nicolas Sarkozy innove encore pour sa troisième Fête nationale à l'Élysée. Le président a choisi d'accorder un entretien de trente minutes aux journalistes Christian Malar et Bernard Vaillot dans le cadre du magazine de France 5 «À visage découvert». Il sera diffusé ce soir, à 20 h 35, et complété par des témoignages de chefs de gouvernements étrangers (Angela Merkel, Gordon Brown, Bachar el-Assad ou encore Tony Blair), de conseillers de l'Élysée (Claude Guéant, Henri Guaino, Jean-David Lévitte) et des proches (Brice Hortefeux ou encore Serge Danlos, ami d'enfance du président). Car l'émission se présente sous la forme d'un portrait-interview d'une heure consacré pour partie à la politique étrangère du chef de l'État mais aussi à son caractère et sa façon d'exercer le pouvoir.

Si l'entretien ne comporte pas de grandes révélations, les commentaires des personnalités invitées à donner leurs avis sur Nicolas Sarkozy oscillent entre l'hagiographie et l'humour. La palme revient à Angela Merkel quand elle raconte : «Parfois il me dit : “Angela, t'es lente” et moi je lui réponds : “Nicolas, tu es un peu trop rapide”.» Tony Blair confie avoir été «bluffé» le jour où, quelques mois avant son élection, Nicolas Sarkozy lui a dit : «Je suis le prochain président de la République.»

 

Jacques Chirac : une «énergie indomptable»

L'interview du chef de l'État a été enregistrée, en une seule prise, le samedi 13 juin, dans la salle des fêtes de l'Élysée. Christian Malar et Bernard Vaillot ont également suivi le président pendant son déplacement, en juin dernier, à Abu Dhabi, et tourné des images en marge du déplacement présidentiel, en Normandie, en compagnie de Barack Obama. Nicolas Sarkozy passe donc en revue les principaux dossiers de politique étrangère. Bref une émission sur mesure pour asseoir sa stature internationale.

Sur le fond, pas de grandes révélations mais quelques mises au point. La place de la France dans l'Union européenne ? «J'ai le plus grand respect pour la Lituanie, la Lettonie, pour le Luxembourg (…) mais c'est pas d'eux qu'on attend qu'on trouve la solution pour sortir l'Europe de la difficulté», explique-t-il en vantant la force du couple franco-allemand.

Si Sarkozy répète qu'il souhaite la «réussite du président Obama», il s'inquiète de la situation au Moyen-Orient et réclame qu'on «bouscule le calendrier». «Tout le monde connaît le prix de la paix (…). Alors je pose la question : pourquoi attendre ?» Une critique en creux de la position américaine. Sur l'Irak, le président établit un parallèle avec le Liban qui est «un miracle», rappelant la coexistence entre chrétiens, Druzes, musulmans sunnites et chiites. «C'est pareil pour l'Irak. Me rendre en Irak et voir un président kurde à la tête de l'Irak, c'est extraordinaire», confie Sarkozy qui s'est rendu à Bagdad en février dernier. Il se montre en revanche d'une grande sévérité avec le pouvoir iranien, même s'il ne cite pas le nom d'Ahmadinejad : «L'Iran mérite mieux que les déclarations de certains de ses dirigeants.»

Interrogé sur l'Union pour la Méditerranée, lancée il y a pile un an à Paris, Sarkozy admet «qu'on a pris du retard». Retard qu'il attribue aux événements de Gaza. «Je vais relancer puissamment les choses», annonce-t-il en évoquant l'idée de faire de la Méditerranée «la mer la plus propre du monde» ou encore la mise en place d'un «projet de sécurité commun pour éradiquer le terrorisme».

Le chef de l'État livre enfin ses impressions sur ses deux premières années à l'Élysée. Invité à citer le ou les noms de personnalités qui l'ont inspiré, Sarkozy reste dans un registre hyperclassique. Son «panthéon» personnel est très franco-français. Il cite dans l'ordre Édouard Balladur, dont il vante le goût pour «le débat d'idées» ; Jacques Chirac pour son «énergie indomptable» ; François Mitterrand pour sa façon de «prendre du recul sur certains événements» et Valéry Giscard d'Estaing pour la «précision dans ce que l'on doit dire».

Le président de la «rupture» corrige alors son propos après cette énumération pas très originale : «Il faut bien faire attention à ne pas abuser de ce que l'on appelle le retour aux sources.»

Bruno Jeudy
 

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